dimanche 7 juin 2015

Ecolink dynamise les cultures bio dans le nord du Vietnam

Au cours de la dernière décennie, le Vietnam est certes rarement apparu dans les médias, mais, à l'instar de la Chine, le pays a lui aussi été confronté à d'importants scandales alimentaires. De plus en plus de consommateurs sont désormais conscients des effets négatifs liés à l'utilisation massive des pesticides dans l'agriculture. C'est dans ce contexte que  fut créé Ecolink (Vietnam Ecological Linkage Company), une filiale de la société Hiep Thanh, en 2004. Depuis, Ecolink est devenu un véritable pionnier dans la recherche de modèles commerciaux pour la production biologique. En 2011, le TDC a décidé de soutenir un projet dans la commune de Tien Nguyen qui a été étendu, en 2014, à cinq autres régions dans les montagnes du nord du Vietnam.


Formation à l'agriculture biologique dans le nord du Vietnam © Ecolink













Pionnier du « bio » ne manquant pas d'ambitions
Par ces projets, Ecolink prouve qu'elle a une vision à long terme. Celle-ci commence au niveau des exploitants, surtout dans les zones reculées principalement peuplées de minorités ethniques. La pauvreté y est grande, mais l'utilisation des pesticides y est moins massive qu'ailleurs. En passant à une culture 100 % biologique, en décrochant une certification bio et en essayant de se connecter sur le marché international du bio et de l’équitable, on permet aussi de proposer, sur le marché intérieur, des produits biologiques sûrs aux consommateurs inquiets.

À Tien Nguyen, plusieurs centaines de producteurs de thé ont été réunis avec le soutien financier du TDC. Cela a mené à la création d'une coopérative et à toute une série de cours et de formations au sein de la farmer fieldschool*. Outre la variété locale de thé (thé vert Shan), une attention toujours plus importante s'est aussi portée sur la plantation de gingembre entre les buissons de thé. Une pépinière de jeunes plants a ainsi été créée, de même qu'une installation pour le séchage et le traitement des feuilles de thé. En 2014, tout ce travail a été couronné par une double certification « bio » et « commerce équitable » pour le thé et le gingembre, alors qu'Ecolink concluait les premiers contrats avec des clients européens. Les autorités locales sont elles aussi totalement impliquées dans la démarche « bio ».

Créer un mouvement

Ecolink espère mener à bien le même processus dans les autres régions du pays, avec trois coopératives de producteurs de thé et une coopérative de producteurs de café. Cela devrait déboucher sur une disponibilité plus constante de produits bio plus nombreux et de meilleure qualité, et pour les exploitants, à une amélioration des prix et des chances de développement pour leurs communautés. Outre les contacts avec la clientèle internationale, un travail considérable est aussi effectué pour réaliser une percée sur le marché national. Ecolink compte parmi ceux qui ont porté sur les fonts baptismaux l'organisation de coordination vietnamienne pour l'agriculture biologique – pour laquelle l'exemple de Tien Nguyen a valeur de projet pilote – et le premier certificateur bio vietnamien (Mekong Cert). Parallèlement, Ecolink travaille à la création d'un centre de formation pour l'agriculture biologique (An Phu Farm) et à la mise sur pied d'un marché écologique à Hanoi. « Tout se passe encore à une échelle modeste, avec des moyens très limités, et en luttant contre la bureaucratie et la méconnaissance du consommateur vietnamien », indique Than Dy Ngu, directeur de l’organisation. « Mais ce que nous essayons de réaliser, c'est la constitution d'un mouvement réunissant tous ceux qui travaillent dans l'agriculture biologique. » 

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